Surfacturation, viaduc de Delmas, échangeur de Carrefour, la mise au point de la firme Estrella

December 12, 2017
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Photo 755 : PHOTO: Haiti - Sky Shot, Autoroute de Delmas Overpass, Wout anwo wout Anba

Un point de presse a été donné par la firme Estrella, à la salle Toussaint 3 de l’hôtel Le Plaza, dans la matinée du lundi 11 décembre 2017, au cours duquel des responsables de l’entreprise dominicaine se sont prêtés à l’exercice, pendant plus d’une heure, et dans un souci de transparence avec le pays, de présentation de projets réalisés en Haïti, de communication des montants perçus effectivement ainsi que les dettes de l’État haïtien envers la compagnie.

Publié le 2017-12-11 | Le Nouvelliste

« Estrella n’a pas pour habitude de donner des points de presse », a, d’entrée de jeu, précisé Michael Roy, qui s’exprimait au nom de la firme dominicaine. « Nous avons voulu faire un point de presse [suite à un article] paru dans Le Nouvelliste faisant une comparaison entre le viaduc de Delmas et l’échangeur de Carrefour », a poursuivi M. Roy qualifiant de « malintentionnée » la comparaison du journal. « J’ai voulu faire une mise au point technique. Ce sont deux projets différents. On ne peut pas comparer les coûts », a-t-il martelé par la suite.

Photo 13016 : 3D Look - Autoroute De Delmas - Boulevard Toussaint Louverture Overpass, Port-au-Prince, Haiti

Bien avant l’intervention de Michael Roy, le point de presse a démarré avec une présentation des travaux du viaduc de Delmas et de l’échangeur de la route des Rails. L’ingénieur Victor Collado, responsable de la construction du viaduc de Delmas, a établi, d’une part, la justification des coûts additionnels dans le cadre de cette construction et, d’autre part, la différence avec l’échangeur de La Marine haïtienne.

« Carrefour est peut-être plus imposant au niveau perception mais les projets qui sont derrière le viaduc de Delmas sont beaucoup plus imposants », a clarifié Michael Roy, qui s’est surtout penché, le temps de son intervention, sur l’aspect financier des chantiers exécutés par Estrella en Haïti et présentés à ce point de presse.

En ce qui concerne le viaduc de Delmas, Estrella soutient avoir exécuté des travaux pour 21 millions de dollars. Le contrat a été signé en décembre 2012, pour un budget de 16 millions, avec un avenant de 5 millions, l’acompte de la DGI, de 400,000 dollars, a été prélevé et l’État haïtien a une dette de 1,052,000 dollars envers la firme dominicaine.

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« Dans le cas de l’échangeur de Carrefour, qui est un projet en exécution, nous avons un projet de 13 millions, des décomptes déjà approuvés pour 4 millions. Ils ont déjà effectué une retenue de garantie de 200 000 », a, une fois de plus, expliqué Michael Roy qui, dans la deuxième partie de sa présentation, a exposé la situation les différents projets à l’arrêt actuellement pour faute de financement. Il s’agit notamment des aéroports des Cayes et de l’Ile-à-Vache et de la construction de 10 abris provisoires dans plusieurs endroits du pays.

« À la fin du mandat du président Martelly, l’État haïtien a décidé de ne pas payer la supervision. Donc, la supervision est partie, nous, on ne travaille pas sans la supervision. On a suspendu les travaux. Si l’État haïtien veut reprendre les travaux, on fait un protocole d’accord et on reprend les travaux. Nous sommes dans le stade d’attente pour les projets des aéroports des Cayes et d’Ile-à-Vache », a expliqué Michael Roy.

S’agissant des 10 abris provisoires, selon le représentant d’Estrella, seul a été accepté par les instances concernées, celui des Cayes. Les autres sont jusqu’à présent surveillés par un gardien. « Personne ne prend le contrôle de ces espaces », a déploré Michael Roy, signalant aussi que pour celui des Nippes et de Jérémie, l’État haïtien n’a pas pu donner un terrain où les construire. Et, sur ce projet, l’État haïtien a une dette d’un million de dollars envers la compagnie.

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« On a accusé indirectement Estrella de surfacturation », a noté M. Roy, qui estime avoir bien démontré dans sa présentation où est passé l’argent. « Dans le cas de l’aéroport des Cayes, nous avons travaillé pour 40%, l’avance est de 25%; qui doit qui ? », s’est-il interrogé avant de faire remarquer que pour l’aéroport de l’Ile-à-Vache, Estrella a reçu 25% d’avance et a travaillé pour 27% en plus de la route de Mme Bernard qui n’était pas dans le contrat. « Vous ne payez pas, donc on a arrêté les travaux. »

« Tous les projets pour lesquels Estrella a signé un contrat ont tous été exécutés », s’est défendu Michael Roy, précisant que la firme dominicaine a travaillé ici en Haïti avec des conditions favorables. « Tous nos projets ont toujours une demande de garantie bancaire. Il y a un bon de garantie pour chacun de ces projets », a-t-il fait savoir, niant toute accusation de surfacturation même s’il reconnait qu’après le tremblement de terre il y a des projets qui n’ont pas les 2% d’acompte.

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Sur les 20 projets réalisés par la firme en 8 ans, la moitié à peu près est passée par appel d’offres, et la dette de l’État haïtien avoisine les 20 millions de dollars, a soutenu Michael Roy.

Patrick Saint-Pré

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