LOST HONOR- VENEZUELA IS MORE THAN MADURO

Le vote d’Haiti à l’OEA, le jeudi 10 Janvier 2019, contre la réélection du Président Venezuélien Nicolas Maduro soulève un tollé en #Haiti et à l’étranger. La majorité des observateurs le considère comme un acte de trahison, du président haitien Jovenel Moise à l’encontre de ce régime qui a beaucoup contribué au financement d’Haiti à travers le Programme #Petrocaribe; le contributeur effectif pour sortir Haiti des décombres, quand des bailleurs de fonds du système international se sont contentés de promesses non-tenues.

A #LeReCit @ReseauCitadelle, nous pensons que cette décision embarrassante et même à “contre cœur” du gouvernement haitien répond à une logique de realpolitik. Aussi, estimons-nous que si le Colonel Hugo Chavez était encore en vie, il aurait pu comprendre cette nouvelle position d’#Haiti.

Car, depuis la visite récente du Président Maduro en Russie, suivie de l’annonce d’un prêt de plusieurs milliards de dollars consenti par Vladimir Poutine pour la modernisation de la production du Pétrole vénézuélien et de l’atterrissage d’un bombardier stratégique russe….c’est-à-dire d’un avion militaire à grand rayon d’action, capable de transporter des bombes nucléaires, tout cela dans le contexte actuel où la super-puissance américaine est mise à l’épreuve en Asie du Sud-est (mer de Chine), au Moyen-Orient (Golfe Persique, Syrie, Yemen..), en Afrique de l’Est (Somalie, Érythrée, Soudan), dans la mer noire (la marine Russe en Crimée), dans l’Arctique (les projets Russes au pôle Nord), —- le dossier vénézuélien est passé d’un simple conflit politique interne ou régional à une menace stratégique pour les États-Unis.

Les manœuvres de bombardiers stratégiques étant relevées de la dissuasion nucléaire, le Venezuela est aujourd’hui placé au cœur des grandes préoccupations de stratégie militaire des États-Unis.

En conséquences, il était clair que Washington allait mobiliser tous les moyens de pression dont il dispose pour obtenir ce vote, afin d’isoler le gouvernement du Venezuela. C’est insensé de croire que la République D’#Haiti dispose des capacités nécessaires pour prendre part à un tel conflit.

Si l’on considère le nombre de votes d’abstention ou défavorables à cette résolution de l’OEA, on peut déduire que le jeu était serré. En ce sens, les États-Unis se sont montrés intraitables avec les plus faibles…

– ceux dont les économies sont extrêmement liés à eux,

– ceux qui font face à des difficultés économiques graves que le Venezuela ne peut plus aider actuellement parce qu’il est sous sanctions économiques;

et surtout,

– ceux dont le gouvernement est extrêmement faible.

La situation d’#Haiti :

1- En 2018, le pays a reçu environ 3 milliards de dollars de transferts dont la plus grande partie est venue de la diaspora haïtienne des États-Unis; le reste, de la diaspora haïtienne au Canada, au Brésil, au Chili, tous des pays qui ont co-parrainé la résolution;

2- La situation des migrants haïtiens aux États-Unis (TPS);

3- L’aide américaine au développement d’#Haiti est stable, considérable, diverse (l’agence #USAID est présente dans presque tous les domaines, même l’allocation alimentaire des policiers);

4- Avec les sanctions, le Venezuela ne peut même pas recevoir des transferts de fonds venus de banques liés aux États-Unis. Il est actuellement difficile de payer au Venezuela l’argent qu’on lui doit pour son pétrole;

5- Ne parlons pas de la situation du gouvernement actuel d’Haiti qui fait face à une série de manifestations violentes d’une opposition radicale que seuls les diplomates américains peuvent convaincre à rester calme, dans le sens du jeu démocratique.

Sur ce dernier point, on peut dire que les mobilisations de type #Petrocaribechallenge #Petrochallenge #KotKobPetrocaribea ont servi à discréditer la coopération vénézuélienne en #Haiti. Manipulés ou conscients, ce beau monde fait le jeu de la stratégie politique américaine visant à retourner #Haiti contre le Venezuela. Rappelons que selon les correspondances diplomatiques publiées par WIKILEAKS, les États-Unis étaient contre la participation d’#Haiti à l’ALBA et son programme #Petrocaribe.

En ce sens, nous pensons que si Hugo Chavez était encore président du Venezuela, il aurait compris la situation difficile d’#Haiti dans ce contexte géopolitique. En mémoire à sa contribution historique pour l’indépendance de l’Amérique latine, Chavez aurait évité des hostilités avec ce pays meurtri de la caraïbe. Il aurait assumé sa responsabilité de leader de sa révolution Bolivarienne, prêt à affronter son puissant voisin, quitte à l’entrainer dans une grande lutte géopolitique avec la Chine, la Russie, la Turquie…

Faut-il signaler que, même la République Dominicaine qui développe des relations diplomatiques et économiques intenses avec la Chine,— l’allié stratégique des actuels leaders du Venezuela — au détriment de Taiwan, était obligée de voter contre Nicolas Maduro. Une idée, de plus, de l’ampleur des pressions.

Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti

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11 Janvier 2019
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