Le Canada envoie une mission de reconnaissance

Ottawa) Le Canada a dépêché une mission de reconnaissance en Haïti afin de déterminer l’aide et les outils qui devraient être fournis aux forces de sécurité haïtiennes pour rétablir l’ordre et lutter efficacement contre les gangs de rue qui sèment la terreur dans le pays.

Publié à 15h37 Mis à jour à 16h25
Joël-Denis Bellavance

Joël-Denis Bellavance La Presse

La crise humanitaire qui sévit en Haïti a été l’un des principaux sujets à l’ordre du jour durant la rencontre de deux heures entre la ministre des Affaires étrangères du Canada, Mélanie Joly, et le secrétaire d’État des États-Unis, Antony Blinken, en visite officielle de deux jours au pays.

Au terme de cette rencontre, Mme Joly a affirmé que le Canada, qui fait l’objet de pressions de la part des États-Unis pour diriger une possible force d’intervention internationale en Haïti, juge important avant toute chose de faire « une bonne évaluation de la situation sur le terrain ».

« Nous avons envoyé une équipe d’évaluation pour qu’elle puisse constater le niveau d’organisation de la police haïtienne et également constater la situation en matière de sécurité, et déterminer les outils dont dispose le gouvernement haïtien pour lutter contre ces gangs criminalisés. Nous examinons différentes options, mais nous voulons nous assurer de faire une bonne évaluation de la situation », a déclaré la ministre lors d’une conférence de presse avec son homologue américain.

La responsable de la diplomatie canadienne a aussi soutenu que les mesures que pourrait prendre la communauté internationale doivent avoir le soutien de la population haïtienne.

« Je l’ai dit à maintes reprises. […] Il n’y aura aucune décision qui sera prise sans l’implication des Haïtiens. J’ai toujours dit que ce sera par et pour les Haïtiens parce qu’au final, c’est pour leur bien. Présentement, c’est le peuple qui souffre en Haïti », a-t-elle indiqué.

Haïti est plongé dans un véritable chaos social et politique depuis quelques mois, et le Canada et ses partenaires des Amériques tentent de trouver une solution pour mettre fin à la crise. Récemment, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé d’imposer des sanctions contre les gangs de rue qui sèment la terreur en Haïti ainsi que contre leurs commanditaires.

Mme Joly a réitéré l’urgence de conclure une trêve humanitaire afin de mettre fin au blocage du terminal Varreux, à Cité Soleil. Ce blocage a des effets désastreux. En plus de perturber les activités quotidiennes, il prive les hôpitaux et les ambulances de carburant et les empêche de fonctionner normalement, et il force les entreprises de traitement et de distribution d’eau à interrompre leurs activités.

« Dans l’immédiat, nous avons besoin d’une trêve humanitaire pour rétablir l’approvisionnement d’essence et d’eau, et cela va permettre au peuple de combler ses besoins et aux hôpitaux de répondre à la crise du choléra », a-t-elle souligné.

À ses côtés, le secrétaire d’État Antony Blinken a soutenu que la situation est « tout simplement insoutenable » en Haïti et il a salué le « leadership du Canada » pour obtenir un front commun aux Nations unies afin de renforcer la sécurité des citoyens. « Les États-Unis sont un partenaire et nous continuerons à travailler ensemble pour obtenir le soutien international afin d’aider le peuple haïtien », a-t-il dit.

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