Incident à la faculté d’Ethnologie, Yves Blot donne sa version des faits

June 24, 2017
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Le doyen de la Faculté d’ethnologie (FE), Jean Yves Blot, accompagné du professeur Jhon Picard Byron, a apporté lors d’une conférence de presse au local du rectorat de l’Université d’État d’Haïti (RUEH), ce jeudi, sa version de l’incident qui avait eu lieu dans l’enceinte de cette entité de l’UEH le lundi 12 juin dernier. Cette conférence de presse est la première du genre donnée par les dirigeants après une note de presse annonçant la fermeture jusqu’à nouvel ordre de la FE.
C’est un Jean Yves Blot attentif dans le choix de ses mots qui a expliqué le déroulement des événements du 12 juin dernier au cours desquels un étudiant avait été renversé par le bus qu’il conduisait et plusieurs voitures incendiées. « Nous nous présentons par-devant vous aujourd’hui, à travers cette conférence de presse, comme des victimes et des plaignants ». Plaignants, parce que nous avons formellement porté plainte contre certains étudiants qui ont été clairement identifiés comme étant nos agresseurs », a-t-il avancé pour étayer ses dires. Maintenant, nous attendons que la justice haïtienne joue son rôle en faisant la lumière sur cet incident malheureux, a-t-il dit avec fermeté. Dans son intervention, le professeur Yves Blot a passé au peigne fin les événements qui se sont déroulés dans l’enceinte de la FE. Pour lui, les dirigeants étaient victimes dans un premier moment de séquestration et de menace de mort et, dans un autre qui confirme le premier, les étudiants ont attaqué les professeurs restants et les ont passés à tabac. Il explique que l’étudiant victime fait partie d’une cohorte de 19 expulsés de l’Université d’État d’Haïti. Si la justice faisait bien son travail, Gourgueder devrait être derrière les barreaux puisqu’il était l’un des occupants du rectorat qui ont saccagé les locaux et volé des documents. Le professeur et doyen de la FE accuse des groupes politiques qui, selon lui, seraient responsables de la situation actuelle au sein de l’Université d’État d’Haïti. À aucun moment lors de cette conférence de presse, Yves Blot n’a éprouvé de regret concernant cet incident. Il a de préférence fait savoir que l’étudiant Jean John Rock Gourgueder a été pris en charge par les responsables du rectorat. Il se dit incertain concernant son avenir au sein de la Faculté d’ethnologie. Il rappelle que la Faculté d’ethnologie est la 3e entité de l’UEH après la Faculté des sciences humaines (FASCH) et l’École normale supérieure (ENS) a avoir fermé ses portes pour des causes similaires. Il déplore l’attitude de certains professeurs et des membres du personnel de ces facultés qui jouent, selon ses mots, le double jeu et incitent les étudiants à la violence. Pour sa part, le professeur John Picard Byron, qui s’est présenté à cette conférence sur une béquille, dit ne pas trouver les mots pour qualifier ce qui s’est passé le 12 juin dernier à la Faculté d’ethnologie. Selon lui, les étudiants étaient décidés à les lyncher pour faire passer leurs revendications. Il raconte comment il a pu échapper à la fureur de ces étudiants en colère : « J’ai dû sauter du premier étage pour atteindre la cour et, de là, j’ai grimpé le mur pour atteindre la rue. » Il estime que les étudiants devraient trouver d’autres moyens pour faire passer leurs désidératas. « Nous condamnons la voie empruntée par ces étudiants pour faire entendre leur voix. Il fut un temps où le mouvement des étudiants visait une réforme en profondeur, une transformation de l’UEH, mais ce à quoi nous assistons aujourd’hui va à l’encontre de ces idéaux », regrette le professeur Byron. Cette forme de revendication entamée par ces étudiants vise la destruction de l’UEH, fait-il remarquer. Parallèlement, les étudiants de plusieurs entités de l’UEH et de l’ENARTS ont organisé un sit-in ce jeudi devant le local du rectorat pour faire passer leurs revendications. Ils ont été pris en chasse par les agents de l’ordre qui voulaient assurer la sécurité à la ruelle Rivière tout en évitant des dérapages de ces derniers. Les protestataires invitent les autorités judiciaires, dont le doyen d’ailleurs, à jouer leur rôle dans cette affaire.

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