Au-delà des ex-Ministres et PM, la tyrannie des Sénateurs corrompus

November 16, 2017
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[ Les tyrannies naissent par des accusations mensongères, abusives et diffamatoires contre des boucs émissaires. Dans une démocratie, dans un Etat de Droit, il est dangereux d’applaudir, sans réserves, les autorités quand ils se livrent à des accusations fantaisistes qui ne sont pas basées sur des preuves irréfutables. Dans le rapport de la Commission Beauplan/Nenel/Youri, il existe plus de 50 cas de fausses allégations, d’inventions et des mensonges. ]

L’absence de culture générale chez les principaux acteurs politiques et de la société civile, est le plus grand mal de la démocratie haïtienne. Pour pouvoir comprendre les manoeuvres des dirigeants et anticiper le pire, dans une société neo-féodale, il faut des hommes et des femmes cultivés en Histoire, Droit, économie, sociologie, anthropologie, relations internationales, sciences politiques et surtout en philosophie politique.

A @ReseauCitadelle, nous minimisons les injures et l’incompréhension des fanatiques et observateurs limités intellectuellement, par le ventre ou par le bas-ventre, qui n’arrivent pas à comprendre que dans une démocratie, dans un Etat de Droit, il est dangereux d’applaudir, sans réserves, les autorités quand ils se livrent à des accusations fantaisistes qui ne sont pas basées sur des preuves irréfutables.
Les principes universels qui recommandent que : 1- le doute profite à l’accusé, 2-la présomption d’innocence; 3- Le droit à la défense; et, 4- l’action en “habeas corpus” sont établis pour protéger le citoyen face au pouvoir abusif des autorités.
En ce sens, l’histoire rapporte un nombre incalculable de régimes autoritaires, établis à partir des persécutions d’un groupe de citoyens, dans un premier temps, avant d’atteindre une proportion générale, avec des dégâts irréparables pour leur peuple et l’humanité.
Hitler, Staline, Mussolini, Franco, Trujillo, Pinochet, les Généraux Brésiliens, François Duvalier, Jean-Bertrand Aristide, tous ont pratiqué cette méthode d’accusations arbitraires et abusives, l’inquisitoire, pour éliminer des opposants, des adversaires politiques, des intellectuels critiques, des compétiteurs économiques, un groupe social, un peuple comme le peuple juif, etc…
Dans tous ces cas, la tyrannie s’est installée par l’utilisation d’une revendication juste : La grandeur de l’Allemagne, la Révolution socialiste, la justice sociale, le noïrisme, démocratie, “macoute pa ladan”, “3 wòch dife : justice / transparence / participation”… et aujourd’hui, en Haiti, des parlementaires corrompus sont en train de profaner “la lutte contre la corruption”.
Mais dans tous les cas, le résultat final est la dictature, le totalitarisme, le pouvoir absolu, autoritaire et sans partage.
Depuis l’erreur du Président Michel Martelly de publier la Constitution-falsifiée- amendée, les parlementaires sont obsédés par le renversement de l’Exécutif constitutionnel élu.. Ils complotent en permanence contre le Chef de l’Etat, les Présidents du Sénat et les Sénateurs qui se prennent pour de grands “intellectuels”, supérieurs aux autres sénateurs, rejettent le jeu démocratique dans l’espoir de faire main basse sur le fauteuil présidentiel.
Nous avons vu comment, pendant cinq (5) ans, une minorité a procédé au blocage systématique du Sénat de la République, empêchant tout vote d’une loi électorale pour la tenue des élections, finançant avec le budget du parlement des manifestations violentes, des casses, des émissions diffamatoires sur les grands médias de la capitale, jusqu’à provoquer une transition qui leur a permis de détourner plusieurs millions de PetroCaribe à partir du BMPAD, de l’AAN, des Ports, de la Douane, de toute l’administration publique, des pots de vin et de la contrebande.
Pendant les cinq (5) ans du Président Martelly, les médias financés par ce secteur anti-démocratique ont construit un discours visant à salir tous les programmes sociaux et de développement lancés par le gouvernement Martelly/Lamothe. Dans cette même veine, ils ont présenté #PetroCaribe comme une vaste opération de vols.
C’est normal qu’aujourd’hui, à la faveur de l’ambition présidentielle du Sénateur Youri Latortue, l’ex-conseiller TET-KALE du président Martelly, ils inventent des allégations mensongères et diffamatoires, mélangeant irrégularités administratives, corruption et détournement de fonds, pour faire aboutir leur propagande diffamatoire.
Depuis le comportement affairiste du CPP de la 48e législature, on ne voit plus de groupe idéologique au Parlement haïtien. Le Palais législatif est devenu un marché, une “bourse politique” au même titre que Wall Street, où l’on vend au plus offrant. Il y a toujours un arrangement possible entre corrompus. C’est ce qui explique qu’un parti majoritaire comme PHTK soit relégué au rang de groupuscules, laissant le grand jeu à des minorités qui contrôlent toutes les commissions d’importance : Les combines sont au-dessus des lignes idéologiques. On peut déjà prévoir les conséquences politiques pour cette plate-forme électorale, si ses dirigeants ne font les corrections nécessaires. Car, le danger du “cannibalisme politique” (du cannibalisme tout cour), c’est qu’on se retrouve seul, après avoir tout manger.
Cette tendance envahissante du pouvoir parlementaire, au détriment de l’Exécutif et du Judiciaire, est devenue une monstruosité anti-démocratique, une menace pour la stabilité régionale et prend des proportions alarmantes:
1- L’immunité absolue,
2- une place au-dessus de la loi;
3- le droit de blanchir de l’argent;
4- le droit de transporter de la drogue;
5- le droit de diffamer;
6- le droit de trafiquer son influence;
7- le droit de faire le travail technique d’audit de la Cour des comptes;
8- le droit de décider qui arrêter et qui condamner…
9- le droit de faire des abus sexuels impunément;
10- le droit de faire du chantage.
Il est temps d’établir le distinguo entre “Parlementaires” et “Bandits, cachés au Parlement”.
Les naifs, les gens limités ou de peu de culture générale peuvent applaudir leurs excès. Mais, l’homme avisé sait pertinemment que le pouvoir d’État a une tendance totalitaire. Une fois l’arbitraire des parlementaires corrompus établi, personne ne sera épargnée, on pourra difficilement l’arrêter.
Les haïtiens doivent apprendre à respecter les limites. La civilisation, le développement et le progrès sont basés sur des normes progressistes, établies en faveur du développement humain. La Constitution est la pierre angulaire du système démocratique. Si on s’amuse à effacer les lignes et les limites, ce sera l’anarchie et le chaos, l’objectif ultime des anarco-populistes, le “Katchouboumbe”.
Comme exemple de cette tradition de non-respect des limites : Les Généraux de l’ancienne armée voulaient tout le temps siéger au Palais National. Aujourd’hui, nous avons un Commandant en Chef de la Police qui rencontre directement des diplomates étrangers sans passer par la Chancellerie haïtienne. Il détermine des projets de cooperation étrangère, comme ce projet de “Force frontalière commune” avec la République Dominicaine, de façon quasi-unilatérale, sans les autorités civiles.
Aussi, des militants politiques se croient-ils autorisés à détruire les biens des citoyens, à incendier, à diffamer en violation des limites du droit de manifester et de la liberté d’expression. Des journalistes se livrent dans des excès sur les médias au nom de la liberté de presse. L’Exécutif agit souvent de façon abusive, sans tenir compte des citoyens et de l’opinion publique.
La souris sur le gateau, certains correspondants internationaux de presse, se mêlent de la partie. Au lieu de faire preuve d’exemple de culture professionnelle avancée, ils rapportent n’importe quoi, sans nuance, sans rappel, sans “facts check” ni mise en contexte, sans la version des personnes indexées et, fait le jeu des des neo-féodaux rétrogrades d’Haiti.
Dans une démocratie, toute accusation doit se baser sur une ou des preuves irréfutables. Dans le rapport de la Commission Beauplan/Nenel/Youri, il existe plus de 50 cas de fausses allégations, d’inventions et des mensonges. Il faudrait aussi le dire. De plus, si l’on considère la démission du Sénateur Rapporteur Onondieu Louis et l’absence du Sénateur Fourcand, on peut conclure qu’il s’agit du Rapport des Sénateurs Lavalas, en attendant qu’il soit validé et authentifié par la Commission d’Enquête du Sénat.
Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
15 novembre 2017
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